Me voici donc, Audrey, 36 ans,et maman de deux enfants de 8 et 10 ans. Je travaille pour la fonction publique….deuxième uniforme… J’ai eu la chance d’avoir été sapeur-pompier volontaire durant près de 10 ans. En 2013 j’ai été victime d’un accident…après 17 mois de rééducation j’ai eu la chance de pouvoir reprendre mon travail. En mai 2018  ma vie à prit un virage à 180°… j’ai rencontré des personnes extraordinaires qui m’ont permis de me faire ”renaître” et de me de faire devenir handi formatrice en secourisme pour les personnes valides, les PMR (Personnes à mobilité réduite) et pour tout type de handicap. Si aujourd’hui je suis là, c’est grâce à la croix blanche de Marseille, à Gilles Ruiz qui a fait modifier le projet de loi sur la notion de faire et de ”faire-faire”, à Bernard Shifano, président de l’UDSP 13 et à mon très cher Colonel Grégory Allione, Président des sapeurs-pompiers de France et Chef du département pompiers 13….Ils ont tous été là pour moi (sans compter certaines personnes qui m’ont beaucoup soutenues : Patrick Loyer, Cédric Rey, Nicolas Guiraud, Julien Besançon. Des amis, des vrais.

1/Votre 1ère pensée lorsque vous ouvrez l’oeil le matin

Ma première pensée…heu… ”Oh non c’est déja l’heure” 😉 Je sais que dès que je met ma roue par terre, c’est un peu la course : douche, habillage, maquillage (oui ça camoufle les cernes), corriger les tenues des enfants (qui n’ont pas encore trouver l’agrémentation des couleurs et des formes qui peuvent donner mal à la tête de bon matin ), s’occuper des animaux à nourir (chat et lapin) et enfin déjeuner, avaler le traitement avant de se brosser les dents et de se coiffer pour courir à l’école puis au travail….sans compter les contrôles ou cahiers à signer à la dernière minute…ou sac de piscine ou de patins à faire…du bonheur !!

2/Nous avons tous eu un retour à faire dans une carrière sportive, professionelles ou personnel. Quel a été votre retour le plus marquant ?

Je suis revenue dans mon travail actuel en octobre 2014, soit presque 17 mois après mon accident. Mais un an après ma reprise, les douleurs conitnuant toujours, j’ai fais une prise de sang qui m’indiquait un mylélome de type IGGkappa (cancer des plasmocytes), c’est un truc de ”vieux” normalement. Quand je suis revenue ”chauve” avec un foulard noué sur la tête, ca a été plus que difficile. J’ai passé une semaine à aller pleurer toutes les heures dans les toilettes du travail tellement mes cheveux très longs me manquaient, mais j’ai affronté tout cela et j’ai refusé de m’arrêter de travailler.  Le regard des personnes quand on a un handicap est compliqué. Quand on a une chimio aussi. En fait, le véritable problème c’est le regard des autres… au fur et à mesure on aprend à s’en détacher. J’ai ensute eu mon etour chez les pompiers, qui m’ont accepté comme si j’avais toujours été des leurs…une famille ?? je confirme!!!

3/Revenir plus fort c’est possible ?

Le handicap nous rend plus fort, la vie nous rend plus fort.

On ne peut pas faire autrement. C’est la résilience. C’est une sorte de ”survie” qui prend le dessus et qui nous oblige à faire face et affronter . Je pense que ça comble les états assez difficiles dans lesquels nous pouvons nous trouver. En fait je ne me pose pas de question. Il ne vaut mieux pas pour moi. Les choses sont là, et je tente de faire “avec”. Il est plus facile de nager dans le sens du courant que de se fatiguer à le défier. C’est un peu comme avec mon fauteuil roulant, je le déteste autant que je l’aime. Je ne l’aime pas parcequ’il est là, et pourtant sans lui je ne peux rien faire. Il faut cependant aller tout au fond de soi pour trouver les ressources nécessaires. J’ai une chance monumentale de savoir comment je fonctionne, et je sais que rien n’est jamais définitif. Ni bien ni mal ne dure cent ans… alors on patiente, on va moins vite, parfois on s’arrête un peu et on repart de plus bel. Oui je sais, dit de cette manière ça fait un peu bipolaire, mais je pense qu’on l’est tous un peu 😉

4/Vous souvenez vous d’un moment difficile ou vous vous êtes dit : ”j’arrête”?

Honnêtement, pas plus tard qu’il y a quelques jours.

J’étais conviée à la cérémonie de la Sainte Barbe à la caserne des pompiers. Tous mes collègues étaient là. Debout. Les uns à côté des autres, soudés, exemplaires. Tous magnifiquement vêtus. Ils ont reçu leurs médailles, leurs insignes, leurs casques…j’étais vraiment fière d’eux car je sais que c’était mérité. Mais j’ai eu un terrible moment de solitude intérieur. Face à eux je n’étais plus rien. Face à la Marseillaise qui tambourine dans les entrailles et dans la peau, je sais que ce refrain de batterie  ne sera plus jamais joué pour moi. Je ne suis plus digne  d’elle puisque je ne pourrais plus lui faire honneur en étant au garde à vous. J’ai eu envie de tout arrêter d’un seul coup. Mais ce sentiment passe. Chaque jour je me dis ”stop, je suis au bout de mes limites”, et chaque jour m’aide à trouver en moi la force nécessaire qui me dise :”continue jusqu’à demain”.

 

5/ Ce qui vous pousse à avancer chaque jour ?

Le fait d’avoir des enfants vous pousse à dépasser vos propres limites. Avec eux, je n’ai pas le temps de me poser la question si je suis fatiguée ou pas si j’ai des douleurs ou pas. Je pense que pour avancer il faut avoir des objectifs, des rêves. Et ne pas se poser mille questions du pourquoi, du comment… C’est ainsi. On s’accroche, on vis ses rêves et on recommence le lendemain.  Je pense qu’on a tous cette petite flamme intérieur qui ne s’éteint jamais et qui ne demande qu’à être alimentée.

6/ Ce qui vous redonne le sourire

Le sourire je l’ai par chaque petite chose ingnifiante que l’on ne prends pas soin de voir, d’accepter : un sms amical, l’odeur du café et du pain grillé par exemple, la gratitude lors d’un cours de secourisme, la chaleur d’une couette en hiver, une musique géniale qu’on écoute à fond, un parfum qui vous fait voyager, une maison rangée, un frigo plein, un plat qu’on adore, des vrai amis qui arrivent chez vous quand ils sentent que vous n’êtes pas en super forme…je pense en fait que la positive attitude permet de voir les belles choses et les bons côtés de la vie. Et que le contraire est tout aussi valable. Tout dépend de quel côté on se place.

7/Quelle qualité nécessaire pour atteindre ces objectifs ?

La qualité nécessaire…heu…. sans doute l’acceptation. Accepter son parcours, les échecs, son handicap. Accepter d’être different mais heureux quand même. Accepter sa faiblesse pour en faire une force.

8/ Quel artiste sportif ou autre personne célèbre vous inspire dans votre parcours

J’apprécie beaucoup Grand Corps Malade, dont la chanson ”espoir adapté” est très représentative de ce que je ressens. Mais même s’il n’est célèbre que pour les pompiers, Mon Colonel Grégory Allione représente à lui seul mon inspiration. C’est la représentation de l’homme parfait ; humain, altruise, loyal, honnête et respecteux. Il a commencé au bas de l’échelle et se retrouve aujourd’hui au sommet. Il le mérite. Et pas qu’un peu…

9/ Quel conseils pouvez vous donner à ceux qui vivent un moment difficile ?

Je dirais de ne jamais rien lâcher. Bien sûr c’est compliqué, bien sûr le moral n’est pas toujours là,  parfois même qu’il est grinçant, bien sûr que les cachetons nous abrutissent parfois et nous endorment plus que de raison et que le moral joue sur la corde raide entre rire et desespoirs. On a parfois l’air d’un alien, sorti de la 4ème dimension, mais si vous êtes dans une phase décedante, écrivez, parlez, faites de nouvelles rencontres…mais ne lâchez rien : demain sera different. Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre : Soyez patients…

10/ Pour terminer quels sont vos futurs projets ?

Je voudrais pouvoir faire de la formation mon métier.  J’ai envie d’aider encore et encore ceux qui sont despérés et ne croient plus en rien.

Si je le pouvais je me rendrais même dans les hopitaux pour rencontrer ces personnes en situations de détresse.

Il faut s’accrocher à tout ce qui est possible, tout… sauf à une corde… 😉

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